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Publié par Nature à l'oeil

Le mercredi 12 décembre 2008

Nicolas Bérubé

La Presse

Los Angeles

Peut-on à la fois accorder la priorité aux technologies «vertes» et stimuler la croissance économique? Bien des politiciens, dont le premier ministre Stephen Harper, croient que non. En Californie, une nouvelle étude vient de trancher, et la réponse fait déjà le bonheur des environnementalistes.

Non seulement la Californie a-t-elle vu son économie croître plus vite que celle des États-Unis au cours des 30 dernières années, mais cette croissance s'est réalisée au moment où l'État adoptait massivement des technologies vertes et des lois environnementales strictes, souligne l'étude.

«Aujourd'hui, la Californie émet moins de gaz à effet de serre par habitant que l'Allemagne, le Royaume-Uni ou le Japon», explique Doug Henton, chercheur à la firme Collaborative Economics, établie à Mountain View, en Californie, et coauteur de l'étude. «Ce résultat a été atteint en prenant des mesures draconiennes. Et l'économie californienne se porte très bien», dit-il.

Des mesures sévères adoptées dans les années 70 pour forcer les industries et les particuliers à réduire leur consommation d'énergie a provoqué une véritable révolution dans la façon de produire et de vivre, souligne l'étude, intitulée California Green Innovation Index et dévoilée le mois dernier. Trente ans plus tard, les experts calculent que les normes sur l'efficacité énergétique des bâtiments et des appareils ménagers ont permis de sauver l'équivalent de la production de 24 grandes centrales électriques entre 1975 et 2006 en Californie.

L'étude montre aussi que l'État le plus populeux et le plus riche des États-Unis a réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre par habitant durant les dernières décennies. Ceux-ci sont passés de 12,2 tonnes métriques en 1990 à 11 tonnes métrique en 2004. Aux États-Unis (excluant la Californie), la moyenne est de 21,5 tonnes métriques. Au Texas, elle est de 30,6 tonnes métriques.

«Ces économies de consommation d'énergie sont réelles, et l'argent qu'elles génèrent est réinvesti ailleurs, explique M. Henton. Aujourd'hui, personne ne penserait à revenir en arrière. Au contraire, l'État fait toujours plus pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment dans l'industrie maritime.»

L'an dernier, l'État a adopté une loi visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 25% d'ici 2020. Il s'agit de la loi sur les GES la plus sévère au pays. Selon le rapport, qui puise dans des recherches récentes de l'Université Berkeley, ce combat contre le réchauffement climatique entraînera la création de 89 000 nouveaux emplois en Californie d'ici 2020.

La recherche de solutions aux problèmes environnementaux forme désormais un secteur de l'économie en Californie. Le capital-risque investi dans la recherche de l'énergie propre y est passé de quelques millions de dollars en 1996 à près de 900 millions en 2006.

Le mois dernier, la direction du géant Google a annoncé qu'elle allait investir des «centaines de millions de dollars» pour trouver une façon de produire assez d'énergie pour fournir la ville de San Francisco, sans polluer, et à un coût inférieur à celui de la combustion du charbon.

Les auteurs de l'étude signalent que des objectifs ambitieux ont déjà été atteints par le passé, pour la question du recyclage notamment. En Californie, le recyclage est passé de 10% des déchets en 1989 à plus de 50% aujourd'hui. «Utiliser l'innovation pour transformer les déchets en quelque chose de profitable, c'est exactement le défi que nous devons relever avec les émissions de gaz à effet de serre», soulignent-ils.

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