Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Nature à l'oeil

Le mercredi 10 sept 2008

Marcel Aubry

Le Nouvelliste

Nicolet

Des citoyens se sont présentés à l'assemblée publique du conseil municipal de Nicolet, lundi soir, pour dénoncer la situation existante sur la rue Mgr-Plessis dans le centre-ville et presser les autorités municipales et policières d'intervenir dans le but de corriger la situation.

Par crainte de représailles, les principaux intervenants ont toutefois demandé de ne pas être identifiés.

«Je dois vous dire que vous êtes en train de vous préparer un petit Montréal-Nord. Il va falloir que vous fassiez quelque chose parce que c'est pas endurable», a signifié un résident de ce secteur aux membres du conseil.

Des jeunes gens sans travail «évachés» sur la galerie, des locataires qualifiés d'arrogants et d'indésirables, des chiens errants qui sautent sur les passants sous les applaudissements de voisins qui s'amusent de la situation, du bruit jusqu'à 4 h du matin, des maisons de logements délabrées qualifiées de taudis avec leurs planches de contreplaqué dans les fenêtres, des oeufs tirés dans les fenêtres, des propriétaires incapables de vendre leur maison, des gens qui quittent pour aller demeurer ailleurs, fatigués d'endurer la situation, un bout de rue en voie de devenir un bidonville, voilà le portrait bien peu reluisant que les intervenants ont tracé de la situation qui existe à cet endroit.

Et on ne parle pas des arrestations qui ont été faites dans ce secteur, au cours des dernières années, pour trafic de drogue.

Cela explique peut-être que plusieurs n'osent pas se plaindre à la police parce qu'ils ont peur eux aussi des représailles.

D'autres le font, mais disent que ça ne change rien.

Et ils le déplorent.

Propriétaire d'un immeuble résidentiel sur la rue Mgr-Plessis, une femme qui a demandé à garder l'anonymat, s'est aussi présentée en assemblée publique pour se plaindre de la situation existante.

C'est aussi elle qui avait pris l'initiative de se faire accompagner par quelques résidents en les invitant à témoigner de leur situation.

Même si elle ne vit pas elle-même à cet endroit, la citoyenne a dit y avoir rencontré des gens malheureux d'y vivre et elle s'est montrée elle-même insatisfaite de ce qui s'y passe depuis quelques années.

Selon elle, il y a quelques propriétaires sur cette rue qui louent des logements à des gens qui ne sont pas de Nicolet.

Ces gens y viennent, a-t-elle raconté, parce que les logements n'y sont pas chers, ce qui est normal, selon elle, puisque les immeubles sont dans un état de laisser-aller.

Dans son immeuble, la propriétaire avait depuis deux ans un locataire qui a finalement décidé de quitter, cet été, parce qu'il trouvait l'endroit trop bruyant.

Son autre locataire l'a déjà informée qu'elle allait quitter pour aller demeurer ailleurs, l'été prochain, parce que l'un de ses fils est incapable d'y dormir la nuit.

«C'est ce que je vis, a-t-elle dit. Mes locataires quittent, non pas parce qu'ils ne sont pas de bons locataires, mais parce que c'est la galère autour, à cause des voisins.»

Son intervention auprès des élus se voulait une sorte de cri d'alarme pour que la Ville apporte des solutions aux problèmes de ces résidents.


Des élus déjà sensibilisés


Réagissant aux témoignages entendus, le maire de Nicolet, Alain Drouin, a mentionné que les membres du conseil étaient déjà sensibilisés à la problématique, tout comme d’ailleurs la Sûreté du Québec qui est informée régulièrement par les élus des problèmes qui existent au centre-ville.

M. Drouin s’est engagé à donner suite aux revendications des plaignants, à faire d’autres représentations auprès de la SQ et, sur l’insistance des intervenants, il a convenu que la Ville enverrait une lettre aux quelques propriétaires des maisons visées pour les informer des plaintes reçues à l’hôtel de ville au sujet de leurs locataires.

Du même coup, la Ville leur fera un rappel de la réglementation municipale existante les concernant, de même que leurs locataires et leurs chiens.

De leur côté, les conseillers Mario Lemire et Michel Paradis ont insisté sur le fait que la Sûreté du Québec devait recevoir des plaintes de citoyens pour qu’elle intervienne.•

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article