Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Nature à l'oeil

Louis-Gilles Francoeur
Vendredi 28 novembre 2008

 

Privés de marché, les centres de tri ne savent plus où entreposer les matières recyclables. La ministre demande à des experts de lui présenter un état de la situation et des solutions dans 15 jours

Afin d'éviter l'engorgement croissant des 38 centres de tri du Québec par des matières recyclables qu'ils n'arrivent plus à vendre, la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a commandé un «plan de travail» fonctionnel d'ici 15 jours car elle reconnaît qu'«il y a urgence dans certains cas».

D'ici là, précise la ministre Beauchamp en entrevue au Devoir hier soir, Recyc-Québec a reçu le mandat de déterminer le potentiel d'entreposage disponible dans les centres de tri du Québec ainsi que chez les recycleurs afin de voir dans quelle mesure ils peuvent aider les centres de tri les plus mal pris. C'est un «appel à la solidarité» que la ministre dit avoir lancé à tous les acteurs du milieu au cours des derniers jours afin d'éviter à tout prix que des matières recyclables, récupérées à grand prix, n'aboutissent à l'enfouissement, comme certaines municipalités ont menacé de le faire si on ne les aidait pas rapidement.

L'évaluation des problèmes d'entreposage et de transport intercentres dans tout le Québec a été confiée à une ancienne présidente de Recyc-Québec, Denise Gouin, et à deux anciens dirigeants de Collecte sélective Québec, André Martel et Réjean Bouchard. Dès hier, ce comité de travail a commencé à visiter les centres de tri pour dresser un bilan de la situation et définir l'ampleur des mesures que Québec doit mettre en branle afin d'éviter que les matières récupérées n'aboutissent dans les dépotoirs.

«Ça fait trois ou quatre semaines, explique Line Beauchamp, qu'on a été sensibilisés par Recyc-Québec à l'effondrement du marché des matières recyclables et des difficultés de toutes sortes que rencontrent les centres de tri depuis que le marché chinois n'achète plus ou beaucoup moins nos matières recyclables.»

Cet effondrement du marché est le résultat de la crise économique, qui a fait dégringoler de façon radicale les prix des matières premières.

Un exemple. Au début de la semaine, la Régie intermunicipale des matières résiduelles de la Matawinie (REGIM), dans Lanaudière, déclarait que ses six municipalités membres «pourraient être contraintes, en dernier recours, à disposer [sic] des matières recyclables en les acheminant vers des sites d'enfouissement».

«Cela représenterait l'échec du recyclage, une option qui n'en est pas une tant du point de vue environnemental que du point de vue social», ajoute le président de la REGIM, Louis-Yves Lebeau, maire de Saint-Alphonse. Ce dernier illustre le problème à la fois financier et très matériel d'espace d'entreposage qui se pose à son groupe de municipalités. En septembre, avec la chute du prix des matières premières, la tonne métrique de la plupart des matières recyclables, comme le papier, le métal, le verre et le plastique, est passée d'environ 150 $ à 40 $. Cet argent ne couvre plus les dépenses en main-d'oeuvre, en équipements et en besoins d'entreposage additionnels, peut-être pour plusieurs mois.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article