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Publié par Nature à l'oeil

 

Jean-Marie Bergeron
Le Droit

Les appels à l'aide récents des municipalités pour soutenir financièrement les centres de tri montrent à quel point nous gérons mal les matières résiduelles.

Rappelons que ces dernières sont composées des eaux usées, des putrescibles de toutes sortes, des matériaux de déconstruction ainsi que des recyclables.

 

Deux écoles de pensée se sont toujours affrontées au sujet du sort qu'il fallait réserver à de tels rebuts. L'école nord-américaine les considère comme des problèmes et des sources de dépenses alors que l'école européenne les utilise comme des ressources naturelles pouvant générer des revenus.

 

Depuis dix ans déjà, les Européens construisent toutes sortes d'usines ajoutant de la valeur aux matières résiduelles. Les eaux usées et les putrescibles servent à fabriquer du gaz naturel ou du méthane, de l'éthanol, du méthanol ou du biodiesel qui sont vendus aux filières de chauffage, d'électricité ou de carburant. Une partie des matières recyclables ayant moins de valeur au marché ainsi que les matériaux secs de construction sont gazéifiés ou pyrolisés afin de répondre aux besoins énergétiques des villes ; ainsi, les entrées d'argent se font de façon régulière pour stabiliser les partenariats publics-privés (PPP) et les mettre à l'abri des soubresauts des cycles économiques.

Japon, Suède, Finlande et Allemagne, entre autres, ont donc pris les décisions nécessaires pour transformer les matières résiduelles en sources de profits plutôt qu'en dépenses.

La méthode nord-américaine

L'approche nord-américaine considère les matières résiduelles comme des «problèmes» dont la gestion coûte cher, et qu'il faut régler à la pièce. Il n'est donc pas surprenant que l'on ne sache pas encore quoi faire avec les eaux usées, les putrescibles ou les recyclables dont les coûts d'opération fluctuent au gré des marchés mondiaux. Ici, les eaux usées ne génèrent pas de gaz naturel mais causent des problèmes aux milieux aquatiques.

La ville de San Antonio au Texas fait exception à cette règle : elle en fait du méthane, en PPP, pour économiser annuellement 1 million $ en énergie et électricité. Ici, les recyclables sont ramassés à grands coûts mais leur vente ne suffit pas à équilibrer les dépenses.

Après 20 ans d'effort, on n'est toujours pas intéressé à ramasser ou à transformer les putrescibles. Les matériaux de déconstruction, malgré leur grand potentiel énergétique, sont carrément enfouis, signe d'une société qui se croit riche au point de gaspiller son argent en l'enterrant.

Pour lire la suite : http://www.cyberpresse.ca/le-droit/mode-de-vie/200812/02/01-806467-matieres-residuelles-sources-de-revenus-ou-depenses-sans-fin-.php

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