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Publié par Nature à l'oeil

2050, 2020, 2011, déjà dépassé… les prévisions pour dater le pic pétrolier mondial (« Peak oil », en anglais), c’est-à-dire le moment où la production d’or noir commencera à décliner, ne manquent pas. Mais une chose est sûre : c’est un phénomène inéluctable auquel l’humanité doit impérativement se préparer, sous peine de connaître une crise majeure.

En 1956, le géologue Marion King Hubbert fait une prédiction : la production de pétrole aux Etats-Unis atteindra son maximum aux alentours de 1970 avant de commencer à décroître. Le « pic de Hubbert » est alors violemment critiqué. Et pourtant, le scientifique avait raison : depuis 1971, la quantité de brut américain produite n’a fait que baisser.

Puis fin des années 1990, plusieurs professionnels du monde du pétrole constatent que les gisements découverts depuis 30 ans représentaient un volume de brut inférieur à la production annuelle, et extrapole sur une date du pic pétrolier mondial. Des estimations aussitôt réfutées, leurs détracteurs avançant que les innovations techniques permettront dans le futur une meilleure récupération du pétrole et l’exploitation de nouvelles sources d’hydrocarbures (sables bitumeux, offshore profond,…).

Mais là encore, les experts disaient vrai : les réserves disponibles, jusqu’ici maintenues à 40 fois la consommation annuelle, s’épuisent bel et bien. Le pic mondial est imminent, reste à définir une date. Un exercice extrêmement complexe, compte tenu des nombreux facteurs : coût de l’énergie, progrès techniques, maintien de la consommation actuelle (qui est en constante augmentation), découverte de nouveaux gisements. Les spécialistes les plus optimistes situent ce pic vers 2020, mais d’autres pensent que la date est bien plus proche, voire déjà passée.

Etat des lieux des réserves mondiales

Le pétrole, énergie fossile produite par décomposition de matière organique durant des millions d’années (échelle de temps géologique), est limité. S’il est difficile de donner une date précise à un pic mondial, on peut déjà le faire pour les pays producteurs, histoire de se faire une idée : les Etats-Unis l’ont atteint en 1970, comme on l’a déjà vu, mais c’est aussi le cas pour la Lybie.

Pour l’Iran, c’était en 1976, et la Russie, 1987. 1999 pour le Royaume-Uni, 2000 pour la Norvège, et 2005 pour le Mexique. Finalement, à l’heure actuelle, parmi les 30 plus importants producteurs de brut, il n’y a que l’Irak, l’Angola, l’Algérie, et le Kazakhstan qui n’aient pas dépassé le pic pétrolier. Pour l’Arabie Saoudite et le Koweït, les estimations sont fortement controversées. Quant à la Chine, son plus grand gisement, qui est aussi l’un des plus importants au monde, est entré en phase de déclin.

Les conséquences d’une pénurie

Un « Peak oil » entrainera tout d’abord une explosion des prix. Cela signifiera la fin d’une économie mondialisée, des industries aéronautique et automobile telles que nous les connaissons (les agro-carburants, qui nécessitent de grande surface de culture, ne suffiront pas à remplacer le brut), de l’étalement des villes,… mais surtout, le risque d’un krach boursier global aux conséquences gravissimes et une possible crise alimentaire mondiale, sachant que le pétrole est indispensable à l’agriculture moderne (fabrication des engrais, des insecticides, carburant pour les machines agricoles).

Peut-être faudrait-il donc urgemment se préoccuper du problème en accompagnant la transition écologique de l’automobile, en développant les énergies renouvelables, en trouvant des alternatives au plastique,… Bref, en abandonnant une énergie qui coûte si cher au climat.

Pour en savoir plus, consultez le site d’ASPO (Association pour l'étude des pics de production de pétrole et de gaz naturel), oleocene.org, un site dédié à la fin de l'âge du pétrole, et wolfatthedoor.org, un site consacré à la déplétion du pétrole.

 

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