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Publié par Nature à l'oeil

Biocarburants : La grande illusion ? (2/2)
« Elaborés entre autres à partir de plants de tournesol, les biocarburants de première génération ont été pointés du doigt pour leur participation à la désorganisation de l'agriculture et à la déforestat
De nouveaux biocarburants, dont la propagation est encouragée par les sphères décisionnaires, ont donc été développés, cette fois à partir d'arbres, de plantes ou encore de végétaux

Deuxième et dernier volet de notre dossier sur les biocarburants. Longtemps présentés comme une l’alternative idoine aux essences d’origine fossile, les biocarburants de première génération ont ensuite été durement critiqués. Jusque dans les milieux écologistes qui avaient d’abord chanté leurs louanges…

Beaucoup d’environnementalistes ont d’abord pensé, dès lors que s’est sérieusement posée la question d’une relève des combustibles traditionnels – abhorrées pour leur propension à polluer dans un contexte de hausse des températures susceptible d’être dramatique pour l’espèce humaine et la biodiversité – , que les biocarburants étaient LA solution idéale.

Aussi fallait-il tout mettre en oeuvre pour stimuler cette filière par ailleurs trop peu soutenue voire carrément oubliée par les sphères décisionnaires pendant des décennies, défricher et transformer l’agriculture pour enfin booster une « utopie liquide » in fine crapoteuse mais qu’on a longtemps cru écologiquement irréprochable.

Une génération maudite

 

« On a affamé la planète »

C’est à partir du milieu de la décennie écoulée que la probité « verte » des biocarburants de première génération (NDLR : dont la production mondiale a triplé entre 2000 et 2007) a été remise en cause, y compris par ceux qui, dans un passé pas si lointain, comptaient parmi leurs plus fervents défenseurs, au point que certains les ont rebaptisés « nécrocarburants ». Pourquoi cette soudaine disgrâce ?

Contacté par nos confrères du Monde, Fabrice Nicollino, journaliste indépendant et auteur de « La faim, la bagnole, le blé et nous. Une dénonciation des biocarburants » s’est offusqué en 2007 qu’en France les premières essences alternatives n’avaient fait l’objet que d’une seule étude officielle sur leur bilan énergétique, laquelle servit d’agrément à leur développement. Or celle-ci, réalisée cinq ans plus tôt, aurait été partiale, car menée « en collaboration étroite avec les industriels des biocarburants » et « commandée par l’ADEME », une agence publique d’État.

Bien qu’ayant démontré que le bioéthanol et le biodiesel restituaient respectivement deux et trois fois plus d’énergie qu’ils ne mobilisaient d’énergies renouvelables, elle aurait donc largement sous-estimé voire éludé des paramètres essentiels, en particulier les ravages que pouvait causer l’essor des carburants propres sur les zones humides et les forêts tropicales.

Faute de dispositifs d’encadrements, ces dernières ont été détruites à hauteur de dizaines de millions d’hectares (NDLR : Plus de quatre pour la seule Indonésie) « pour faire la place à des cultures industrielles de palmiers à huile, de soja ou de canne à sucre », d’où « l’émission de tout le carbone contenu dans les arbres et en partie dans le sol ».

Daniel D., trader en produits pétroliers, renchérit : « Avec les biocarburants de première génération, certaines terres agricoles qui étaient d’abord destinées à la culture de céréales ont été dévolues au colza, au tournesol ou à la betterave. Il y a donc eu une concurrence nouvelle entre cultures alimentaires et cultures non-alimentaires qui a entraîné une augmentation spectaculaire du coût des denrées (NDLR : D’après la FAO (Food and Agriculture Organization), les prix ont en effet bondi de 45 % entre juillet 2007 et avril 2008). Au total on a affamé la planète, tout cela pour pouvoir rouler soi-disant « écolo »(sic) ».

Le fait est que le marché mondial de l’alimentation a été (très) déstabilisé par l’avènement des biocarburants de première génération, lesquels ont indirectement entraîné un doublement du coût du maïs en l’espace de trois mois et ont ainsi une part de responsabilité dans la fameuse « révolte de la tortilla » qui a éclaté au Mexique en 2007.

 

Source: http://www.zegreenweb.com/sinformer/green-basics/biocarburants-la-grande-illusion-22,591

 

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